Intégration de l’IA en classe

Vita, un chatbot co-créé avec les élèves en SVT

Exemple d’un chatbot éducatif

Mis à jour le mercredi 25 août 2024

Mélanie Fenaert, professeure de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et de Sciences numériques et technologie (SNT) au lycée Blaise Pascal à Orsay, innove en impliquant ses élèves dans la création de Vita, un chatbot éducatif. Construit à l’aide des outils ChatMD et CodeIMD, disponibles dans la Forge des communs numériques éducatifs, ce projet collaboratif regroupe dans un seul support accessible à tout moment une multitude de ressources de révision : fiches mémo, exercices interactifs, etc.

Un outil d’apprentissage évolutif et centré sur les élèves

Depuis plusieurs années, Mélanie Fenaert conçoit des outils pédagogiques pour ses élèves et souhaitait centraliser ces contenus dans un dispositif à la fois pratique et interactif. Vita, qui s’enrichit au fil du temps, devient un outil d’entraînement et de mémorisation sur le long terme.

Mais le projet ne se limite pas à la diffusion de contenu : il place les élèves au cœur de la démarche. La co-construction du chatbot les amène à :
 identifier les notions clés du programme,
 développer leur métacognition,
 s’initier à une programmation légère,
 et adopter un regard critique sur l’IA, enjeu essentiel dans le contexte éducatif actuel.

Un développement technique éthique et modulable

Le fonctionnement de Vita repose sur ChatMD, un outil conforme au RGPD [1], qui permet une interconnexion avec un modèle de langage (LLM) via un mot de passe.
 Avec le mot de passe : les utilisateurs accèdent aux réponses générées par l’IA.
 Sans mot de passe : seules des réponses prédéfinies sont proposées.

Cette souplesse permet d’adapter l’usage du chatbot aux différents besoins pédagogiques. L’interface, développée avec CodeIMD, intègre une grande diversité de supports : textes, quiz, images, vidéos, et même modèles 3D. En attendant l’intégration d’un modèle de langage dédié à l’Éducation nationale, l’outil utilise actuellement Cohere pour générer ses réponses.

Fiabilité des réponses et évaluation automatisée

Pour garantir la pertinence des réponses, le chatbot s’appuie sur une base de connaissances spécifique alimentée par l’enseignante. L’ajout de prompts prédéfinis et de questions-guides limite les risques d’hallucinations et oriente les élèves vers les notions essentielles.

Mélanie Fenaert expérimente également l’évaluation automatisée des réponses des élèves par le chatbot, selon des critères définis. Cela permet une rétroaction personnalisée et des corrections plus ciblées.

Vers une intégration progressive dans le parcours scolaire

Au début de l’année scolaire, l’intelligence artificielle intégrée dans Vita est utilisée de manière limitée, mais son rôle est amené à croître progressivement. Mélanie Fenaert insiste sur l’importance :
 d’encadrer les réponses à l’aide d’une base fiable,
 et de développer l’esprit critique des élèves vis-à-vis des contenus générés.

Pensé pour évoluer, le dispositif sera réutilisé en terminale, assurant ainsi une continuité dans l’apprentissage.

Le témoignage de Mélanie Fenaert

Ce témoignage a été recueilli lors de l’atelier « Réflexions croisées sur l’accompagnement de l’IA », organisé par la DRANE Île-de-France en marge du salon Éducatech 2024.

Documents joints


[1L’outil reste conforme au RGPD tant qu’on ne le connecte pas au LLM. Si on le fait, il faut alors l’accord du chef d’établissement et le consentement éclairé des parents.

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