Le BETT show London (British Educational Training and Technology Show) a été créé en 1985. Il s’impose aujourd’hui comme l’un des plus grands salons mondiaux du numérique pour l’éducation. Les publics ciblés sont tous les enseignants, les chefs d’établissement, les cadres de l’éducation ainsi que les décideurs politiques. Les objectifs de ce salon sont doubles : faire la promotion des solutions numériques éducatives et susciter des discussions et débats sur le rôle du numérique dans l’éducation.
L’édition 2025 du BETT a confirmé l’importance croissante du numérique dans l’éducation, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle, la personnalisation des parcours d’apprentissage et l’attention portée au bien-être des élèves.
Les constats et tendances observées
L’intelligence artificielle omniprésente dans l’éducation
L’intelligence artificielle (IA) a pris une place centrale dans les solutions présentées au salon :
- L’IA générative intégrée aux solutions nouvelles et existantes : elle assiste les enseignants dans la préparation des cours, l’évaluation des élèves et la personnalisation des parcours.
- L’automatisation de tâches pédagogiques : génération de contenus pédagogiques interactifs, relecture et correction automatisées, feedbacks immédiats, plus précis et facilités.
- L’adaptation des supports aux élèves : personnalisation des exercices et des ressources en fonction des besoins spécifiques des apprenants.
L’essor des outils favorisant le bien-être des élèves
Le bien-être des élèves est une préoccupation croissante, avec des solutions numériques proposant :
- Des tableaux de bord émotionnels permettant aux enseignants de suivre l’état psychologique des élèves.
- Des parcours de bien-être et de gestion des émotions, favorisant une meilleure concentration et résilience.
- L’intégration des sciences cognitives dans les ressources pédagogiques, permettant d’adapter les rythmes d’apprentissage en fonction des besoins cognitifs des élèves.
Le développement d’outils éducatifs pour l’apprentissage de l’IA
L’éducation à l’IA devient un enjeu stratégique :
- Des plateformes interactives permettent aux élèves d’explorer l’IA à travers la programmation et la robotique.
- Des outils immersifs offrent une compréhension visuelle du fonctionnement des algorithmes et réseaux neuronaux.
Points remarquables des visites et observations
Des solutions innovantes qui se diversifient
Cette année étaient particulièrement présentes sur le salon les ressources de génération de contenus : outils permettant de créer des exercices, activités et supports pédagogiques, y compris à partir de documents existants.
Un autre point fort est la systématisation du feedback : de multiples solutions, aux fonctionnalités diverses, automatisant les corrections et la rétroaction aux élèves ; certaines permettant à l’enseignant de garder le contrôle sur la mise à disposition de l’élève.
Enfin, les solutions thématiques étaient nombreuses avec le développement d’applications spécialisées en mathématiques, langues, sciences et IA.
Points forts et limites des solutions présentées
L’IA permet un gain de temps pour les enseignants grâce à l’automatisation des tâches répétitives et chronophages, et la génération de ressources (dont les plans de cours). Certaines solutions proposent des utilisations plus sécurisées des outils, avec des interfaces ne nécessitant pas la création de comptes pour les élèves. Certains outils constituent un support pertinent pour la formation des élèves à la compréhension et à l’utilisation de l’IA. Les solutions proposées sont dans l’ensemble facilement accessibles et utilisables, pour une mise en œuvre dans des contextes éducatifs variés.
L’IA, à travers les solutions développées, ses apports et ses risques, impose une évolution du métier d’enseignant, nécessitant une montée en compétences sur l’IA et ses enjeux. Certaines ressources interrogent la fiabilité (celle des évaluations automatisées par exemple, et leur alignement avec les objectifs pédagogiques) et l’éthique (biais algorithmiques, dimension intrusive..).
La question de la sécurité des données est omniprésente et met en lumière un besoin de réglementation des usages. Il est possible d’observer en effet des différences de postures et d’usages liées aux politiques éducatives des pays, telles que la mise en application de la Réglementation générale sur la protection des données (RGPD) par exemple. Enfin, une sur-utilisation de l’IA nourrit le risque de dépendance aux outils, pouvant conduire les enseignants à moins mobiliser certaines compétences pédagogiques ou didactiques.
Perspectives et recommandations
Le développement véloce des solutions d’IA proposées et leur intégration dans les pratiques enseignantes impose d’en encadrer l’usage en définissant des lignes directrices pour les enseignants et les élèves, de former les enseignants à une utilisation réfléchie et critique de ces outils et, enfin, de favoriser une approche hybride, où le numérique complète mais ne remplace pas l’expertise humaine.
Les solutions présentées au salon mettent en lumière un développement et sans doute une adoption accélérée de l’intelligence artificielle (IA) dans l’éducation (notamment en tant qu’assistant de l’enseignant), tout en soulignant les défis à relever pour une intégration réussie et éthique.
Visite de la Caterham School
Fondée en 1811, la Caterham School est une école privée anglaise intégrant largement le numérique dans son enseignement. Elle accueille environ 1000 élèves, équipés chacun d’une tablette et d’un stylet, facilitant une approche pédagogique hybride entre outils numériques et supports traditionnels.
Organisation et outils numériques
Enseignants et élèves utilisent un logiciel unique qui centralise l’ensemble des cours et des productions des élèves, facilitant ainsi l’accès aux contenus en cas d’absence, le suivi des travaux par les enseignants, la correction et la rétroaction, en temps réel ou différé.
L’intelligence artificielle est intégrée dans l’accompagnement pédagogique, notamment pour entraîner les élèves, analyser et améliorer leurs productions, et fournir des feedbacks automatisés sur les exercices et rédactions.
Bilan des observations
L’école met en avant une cohésion forte dans l’usage du numérique, garantissant une homogénéité des pratiques pédagogiques. Les enseignants sont accompagnés pour assurer une intégration raisonnée et critique de l’IA.
Le numérique est utilisé en tant que facilitateur, mais les pratiques restent dynamiques et interactives, avec une place centrale donnée au travail collaboratif et à l’échange en classe. Le modèle adopté par la Caterham School montre une intégration pertinente et réfléchie du numérique, soutenant l’apprentissage, tout en préparant les élèves aux enjeux du monde numérique.