Nos métiers de cadres à l’ère de l’IA

Nos métiers de cadres à l’ère de l’intelligence artificielle

Le 30 septembre 2024, plus de 850 cadres éducatifs se sont réunis dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour assister au premier séminaire consacré à l’impact de l’IA sur les métiers de cadres au sein de la Région académique Île-de-France. retour sur cet événement marquant.

Mis à jour le mardi 25 août 2024

Le 30 septembre 2024, plus de 850 cadres éducatifs se sont réunis dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour assister au premier séminaire consacré à l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les métiers de cadres au sein de la Région académique Île-de-France. Cet événement marquant, initié par la Drane et la Drasi, avait pour objectif de sensibiliser et d’amorcer une réflexion sur les nouvelles pratiques liées aux transformations engendrées par l’IA.

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Ce séminaire est une première pour les académies de Créteil, Paris et Versailles qui composent et participent à mettre en œuvre la région académique d’Ile-de-France. Il permet de poser l’existence de la région académique et d’illustrer au travers d’une même action la volonté de fédérer et d’harmoniser des stratégies communes.
Aujourd’hui et afin de répondre aux enjeux de l’école et de dépasser les controverses, il est important de poser le socle d’une culture partagée sur les nouveaux gestes professionnels rendus possibles grâce à l’intelligence artificielle.

Cet événement initié par Laurent FOUILLARD et par François GILLES avait ainsi pour objectif de sensibiliser à ces nouveaux enjeux mais également d’amorcer un travail qui pourra se décliner par la suite sur chaque territoire.

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Illustration des transformations en cours

Trois chefs d’établissements partagent leur expérience et leur vision de l’IA dans leur quotidien.
  • Bérengère Courrivault, cheffe d’établissement - Académie de Créteil
  • Geoffrey Deloncle, chef d’établissement - Académie de Versailles
  • Damien Dubreuil, chef d’établissement et référent PERDIR - Académie de Poitiers

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Depuis la démocratisation de ChatGPT, l’utilisation des outils d’intelligence artificielle par les cadres se généralise. L’IA permet en effet un gain de temps significatif dans des tâches telles que la rédaction de documents et la création de présentations, permettant ainsi de se concentrer davantage sur les interactions humaines et les réflexions pédagogiques et sociales.

L’IA est principalement utilisée pour la rédaction de textes (courriels, rapports…), la relecture de documents complexes et le résumé de documents longs. Les avancées récentes rendent les outils de plus en plus efficaces avec une amélioration croissante de la qualité des textes générés. L’IA ouvre également la voie à de nouveaux usages comme la création de supports visuels, la rédaction de comptes rendus à partir d’enregistrements audio, l’automatisation du traitement des courriels ou encore la mise en place de bots pour assister les utilisateurs sur des sites d’établissement.

Cependant, des enjeux tels que le respect du RGPD et la personnalisation des outils demeurent cruciaux.

Julien Roudil, Directeur opérationnel du Campus des métiers et qualifications de l’IA, explore les opportunités ainsi que les défis éthiques, juridiques et environnementaux liés à l’IA générative.

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L’intelligence artificielle (IA) représente la capacité des algorithmes à reproduire certaines fonctions cognitives humaines, comme la vision et l’audition, et pourrait un jour inclure d’autres sens. Actuellement, l’IA générative est au cœur des discussions, car elle permet de créer du contenu varié, allant du texte aux images, en passant par des programmes informatiques. Cependant, plusieurs enjeux se posent.

Tout d’abord, il est crucial de s’interroger sur les biais présents dans les bases de données utilisées pour entraîner ces algorithmes, car cela peut influencer la qualité et la véracité des contenus générés. De plus, les algorithmes peuvent parfois produire des « hallucinations », rendant nécessaire un esprit critique face à leurs créations. Les questions de droits d’auteur et de propriété intellectuelle sont également préoccupantes. Il est flou de savoir qui détient les droits sur les œuvres générées par l’IA : le développeur de l’algorithme ou l’utilisateur qui a formulé le prompt. Par ailleurs, l’impact environnemental de l’utilisation de ces technologies, notamment en termes d’émissions de CO2, soulève des préoccupations, surtout avec des IA puissantes. Enfin, la gestion des données personnelles utilisées par ces systèmes est un enjeu majeur, car leur destination et leur propriété restent souvent obscures.

En somme, l’IA générative offre des opportunités intéressantes, mais elle nécessite une réflexion approfondie sur ses implications éthiques, environnementales et juridiques.

L’intelligence artificielle au service du pilotage éducatif

Face aux défis actuels auxquels le système éducatif est confronté, il devient crucial pour les cadres de l’éducation de développer une culture partagée autour des pratiques professionnelles émergentes, rendues possibles par l’intelligence artificielle. Cette dernière offre des leviers puissants pour améliorer la gestion, l’accompagnement pédagogique, et les prises de décision stratégiques. Cependant, pour dépasser les controverses et appréhender pleinement son potentiel, il est essentiel de poser des bases solides, en prenant en compte les enjeux éthiques, organisationnels et pédagogiques. Une réflexion collective, portée par les acteurs décisionnels, permettra de construire des repères clairs et de préparer les établissements scolaires à relever ces défis tout en favorisant une gestion éclairée de l’IA.

Louise Tourret, journaliste et animatrice de l’événement, a orchestré chaque table ronde en présence de spécialistes de renom. Les débats ont permis de croiser les regards d’experts du numérique et du domaine éducatif, offrant une analyse sur les enjeux éthiques et les perspectives d’évolution.

Orienter des choix pédagogiques, prendre des décisions pour des équipes supposent aujourd’hui d’agir avec clarté et cohérence dans ses décisions afin de mobiliser les acteurs. Selon les dernières productions de l’IH2EF, Le pilotage ou leadership pédagogique repose plus que jamais sur des données tangibles générées par l’établissement, le bassin ou la circonscription. Tout pilote peut ainsi recourir à des outils d’analyse et l’IA représente une aide potentielle.
  • Comment aujourd’hui les données peuvent influencer notre jugement ou nos décisions ?
  • Comment l’IA peut-elle participer à la gestion de nos activités habituelles, d’évaluation, de diagnostic, d’orientation de nos actions ?
  • Quels peuvent être les avantages ou les risques lorsqu’on a recourt à l’IA dans ses décisions ?
  • Quelles sont les périmètres possibles et les limites pour un chef d’établissement ? Pour un inspecteur ?

Intervenants :

Divina FRAU-MEIGS, professeure à l’université Sorbonne Nouvelle et titulaire de la chaire Unesco « Savoir-devenir à l’ère du développement numérique durable »
Adeline ANDRE, IA-IPR SVT de l’académie de Paris

Dans le rapport de l’UNESCO de 2019, « IA et éducation – guide pour les décideurs » ; les recommandations soulignent le besoin « d’ajustements politiques systémiques, pour mettre en place une surveillance éthique rigoureuse et assurer un engagement approfondi avec les praticiens et les chercheurs du monde entier. » Il s’agit de penser le déploiement et l’utilisation de l’IA dans l’éducation selon des principes fondamentaux d’inclusion et d’équité. L’IA dans l’éducation doit profiter à tous en toute transparence tout en assurant la sécurité et l’intégrité des données de chacun.
  • Comment questionner cet enjeu sous l’angle des missions d’un cadre de l’éducation ?
  • Quels sont les enjeux éthiques auxquels un inspecteur, un chef d’établissement, un professeur peut-être confronté ?
  • Comment prendre en compte les enjeux éthiques et critiques de l’IA en enseignement ?
  • Quelle posture adopter en matière de plagiat via l’IA, comment évaluer en intégrant une dimension éthique de ces outils ?

Intervenants :

Jean-Gabriel GANASCIA, Président du Comité d’éthique, Professeur d’informatique à la faculté des sciences de Sorbonne Université
Colonel Jean-Gabriel HERBINET, État-Major de l’Armée de Terre, Chef du Bureau numérique EMAT

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L’importance de former pour accompagner les évolutions dans les pratiques pédagogiques reste une ambition centrale pour tout formateur. Cet objectif est aujourd’hui encore plus d’actualité avec l’arrivée de l’IA dans de nombreuses solutions portées notamment par le ministère dans l’offre du P2IA. Il convient de tirer parti de ces nouveaux services et de repenser un certain nombre de situations pédagogiques afin de garantir un apprentissage efficient chez l’élève au travers d’un enseignement plus efficace du professeur.
  • Quels sont les premières fonctionnalités des IA rendues possibles pour un formateur ?
  • Comment accompagner et fédérer l’adhésion de ces changements de pratiques ?
  • L’IA peut-elle remplacer le formateur ? l’enseignant ? quelles sont les limites à ce questionnement ?
  • Dans une démarche prospective, quelle sera la formation de demain avec des IA plus sûres et adaptées aux exigences d’enseignement ?

Intervenants :

Margarida ROMERO, Professeure des Universités
Son LY, co-fondateur et CEO de Didask, lauréat de l’AMI Sciconum

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Interviews des intervenants

Dans le cadre du séminaire, les six participants aux tables rondes ont partagé leurs points de vue sur les enjeux actuels et futurs de l’IA pour l’école. À travers deux questions clés, on cherche à comprendre pourquoi l’école doit s’emparer des opportunités offertes par l’IA et quelles avancées elle doit anticiper pour se préparer aux défis de demain.

Des outils innovants pour un pilotage optimal

Lors du séminaire, en parallèle des débats, plusieurs démonstrations d’outils numériques ont rythmé l’après-midi, illustrant concrètement les bénéfices potentiels de l’intelligence artificielle dans la gestion des établissements. Trois solutions ont été présentées :

Ces démonstrations en direct ont suscité un vif intérêt parmi les participants. Elles ont permis de concrétiser des usages de l’IA au service de l’éducation.

Une conclusion tournée vers l’avenir

Pour clore ce séminaire riche en échanges, Erwan Paitel, grand témoin et administrateur de l’État, a proposé une ouverture vers les humanités numériques, rappelant l’importance d’intégrer l’intelligence artificielle dans une réflexion plus large sur l’humain et la technologie. Ce séminaire représente une première étape vers une transformation profonde des métiers de l’éducation, en résonance avec les enjeux numériques de demain.

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Pour aller plus loin :

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